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#Exploration – Pratiques Génératives (FR, EN)

#Exploration – Pratiques Génératives (FR, EN)

Comment émergent les communs dans le faire, dans la possibilité de l’expérience sensible, dans l’attention à l’autre – humain-non humain ? Comment s’invente et s’explore la relation aux choses / objets / lieux / contextes / événements ? Et, comment, de ces zones génératives, s’opèrent des changements d’axe.s et de regard.s, et se crée une sensibilité pour d’autres possibles ?

Nous explorons dans cette émission comment faire mais dans le sens poétique d’une poïesis, dans le sens d’une forme qui se réalise en action, par la fabrication de choses et de pratiques engagées socialement à travers les aspects génératifs de la création et de la co-création.

Nous avons invité pour cela 3 artistes actuellement en résidences à la Cité Internationale des arts : Frédéric Nauczyciel, que nous interrogeons sur sa recherche artistique « Safe places – endroits de confiance », Julie Ramage et Ranti Bam qui se prêtent à une conversation avec deux chercheures impliquées dans le projet européen de recherche trans-making, Clélia Bartoli, de l’université de Palerme pour la première et Çiğdem Kaya de l’université technique d’Istanbul, pour la seconde.

  • Interview de Frédéric Nauczyciel en français à 00:01:32
  • Conversation entre Julie Ramage et Clelia Bartoli en anglais à 00:42:02
  • Conversation entre Ranti Bam et Çiğdem Kaya en anglais à 01:18:36

Interview de Frédéric Nauczyciel

Frédéric Nauczyciel est un artiste visuel français, travaillant entre Paris et Baltimore (USA). Diplômé en Finance et formé auprès de chorégraphes contemporains, il réalise des photographies, des films et des performances. Dans ses installations, il fait appel à l’expérience en temps réel de la vidéo et de la performance pour produire des images vivantes. Depuis 2011, il déploie son travail entre les ghettos noirs de Baltimore et la périphérie parisienne, puisant dans la force des langages performatifs tel que le Voguing, les fanfares déambulatoires ou la langue des signes. Depuis 2018, il est artiste associé à la Cité des Internationale Arts à Paris et aux Ateliers Médicis à Clichy-Sous-Bois / Montfermeil. 

« Safe Places – des endroits de confiance » est une recherche que Frédéric conduit sur des espaces trans genres, trans raciaux, trans classe, transgénérationnels, inclusifs, considérant les pratiques expertes, amateures comme professionnelles, populaires et urbaines comme savantes, au même niveau d’importance. Elle a démarré avec la communauté du voguing trans genre noire américaine et une installation au Mac / Val en 2012 (« The Fire Flies »), et se poursuit avec l’allocation de recherche du Centre National des Arts Plastiques en 2013 avec la scène du voguing parisienne. 

Pour aller plus loin, les podcasts sur R22 :

Conversation entre Julie Ramage et Clelia Bartoli

Julie Ramage est une artiste visuelle et docteure en Histoire et Sémiologie du Texte et de l’Image. Elle est chercheuse associée au CERILAC – Centre d’Études et de Recherches Interdisciplinaires de l’UFR Lettres, Arts, Cinéma, de l’Université Paris Diderot. 

Elle explore les relations complexes se tissant entre l’homme et le lieu qu’il occupe, questionnant notamment les espaces institutionnels que sont les centres pénitentiaires. Son travail explore ces relations complexes sur une base à la fois documentaire et collaborative. La mise en place d’enquêtes sur le terrain et de protocoles de recherche collective permet de générer des rencontres, des situations de parole autour d’une thématique précise, qui fournissent le matériau de performances, de micro-éditions et d’installations vidéos, sonores ou numériques.

Elle est actuellement en résidence à la Cité internationale des Arts pour le projet de recherche-création Currency [Ghostmarkets] portant sur l’économie en détention. Ce projet débute en détention en septembre 2019. Il prend pour point de départ l’interdiction de la monnaie dans l’espace carcéral. Economistes, anthropologues, archéologues et chorégraphes sont alors invités à collaborer avec un groupe de travail constitué à l’intérieur des murs. 

Rapidement, les recherches évoluent vers la manière dont les échanges influencent les relations entre les corps : confiance ou défiance, provocation ou complicité marquent les chorégraphies carcérales. Les participants proposent la création d’une « monnaie d’estime » faite de sucre et de béton, dont la valeur faciale est indexée sur les rituels de salutation de la détention ; elle garantit, lorsqu’elle est confiée à un pair, loyauté et assistance dans toutes les situations.

Suite à l’interruption du projet en mars 2020 naît l’idée de créer un “film fantôme” à partir des documents de préparation du tournage avorté : une archive vivante déployant le dialogue à l’extérieur des murs, pour le replacer dans le contexte de la crise économique et sanitaire que nous traversons. Les 11 et 12 septembre est ainsi proposée à Bétonsalon, centre d’art et de recherche basé à Paris, l’installation-performance Ghostmarkets. 

Clelia Bartoli est juriste, enseignante-chercheure au département de droit de l’université de Palerme. Elle y enseigne les « droits de l’homme », la « sociologie du droit » et l' »éthique et le marché ». Elle s’occupe aussi des programmes de droit de la rue au sein de la Clinique juridique pour les droits de l’homme de l’Université de Palerme.

Le marché de seconde main de Ballarò, à Palerme, réunit des centaines de personnes pauvres qui font un commerce informel des déchets. Sur l’impulsion de Clélia Bartoli, une branche du département juridique s’est installée sur la place de ce marché. De nouvelles générations de professionnels du droit se forment là où le droit semble se construire. Il s’agit de comprendre la loi en la regardant sous un autre angle, celui de la marge. 

Depuis récemment suite à la crise économique générée par la Covid 19, Clélia mène avec une 20 de personnes une réflexion sur la création d’une monnaie alternative.Ce groupe réunit des vendeurs du marché, des artistes, des économistes, et d’autres personnes intéressées par cette idée. Leurs échanges ont commencé par explorer l’histoire de l’argent et la dynamique économique à l’intérieur du marché.

Autour de leur expérience réciproque de création d’une monnaie alternative, Clelia et Julie se retrouvent à parler d’imagination politique, du collectif, du partage de connaissances et de compétences, de capital social et économique, de relations au territoire et de soin…

Elles nous emmènent à penser les possibles à travers des pratiques génératives se situant dans les marges

Pour aller plus loin :

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Conversation entre Ranti Bam et Çiğdem Kaya

Ranti Bam est née à Lagos – Nigeria, elle vit et travaille entre Londres et Lagos. Diplômée de The Cass Faculty of Art, Architecture and Design, elle conduit son travail de céramiste en studio et dans le cadre d’ateliers de co-création.

En résidence à la Cité internationale des arts depuis le mois de mars 2020, elle a débuté en septembre, un atelier céramique avec un groupe de femmes franco-africaines dans le quartier de la Goutte d’or à Paris. L’association URACA (Unité de réflexion et d’action des communautés africaines) a servi d’intermédiaires pour constituer le groupe et le réunir à raison d’une fois par semaine pendant un mois.

Partant de l’atelier et de la pratique céramique, comme un espace de dialogue, Ranti Bam souhaite exploiter les propriétés curatives et narratives de l’argile pour susciter l’échange et le partage des histoires vécues. Par le travail de la main, elle cherche à expérimenter des pratiques qui renforcent l’autonomie des individus et enrichissent leurs expériences quotidiennes.

Çiğdem Kaya est une artiste et designer basée à Istanbul, Turquie. Elle est professeur associée à ITU – Istanbul Technical University. Çiğdem Kaya travaille dans le domaine de la recherche interdisciplinaire en matière de design, elle s’intéresse à la transmission de connaissances expérientielles, et aux projets participatifs dans l’artisanat et le design. Elle a notamment développé une recherche et des ateliers design avec des femmes pratiquant l’artisanat textile à Mardin, dans le sud de la Turquie.

Pour aller plus loin :

Un podcast réalisé par Fabienne Trotte et Esther Destrés en partenariat avec la Cité Internationale des Arts.
Remerciements à Frédéric Nauczyciel, Julie Ramage, Clelia Bartoli, Ranti Bam et Çiğdem Kaya pour leur participation et leur implication, et à Corinne Loisel, Emma Lecointre et Alix Pornon pour avoir facilité la mise en relation avec les 3 artistes de la Cité internationale des arts.

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